Compte rendu : Backwoods Festival 2015

Enfin un peu de motivation pour rédiger un article. A moins que celui-ci non plus ne sorte pas, bien sûr.

Nous étions donc en ce dernier weekend d’août, ma fidèle troupe de potes metalleux et moi-même, du coté d’Annecy, pour la deuxième édition du Backwoods Festival, à Thônes (74).

Affiche Backwoods Festival

Mais pourquoi

Alors oui je vois d’ici l’interrogation : « Mais qu’est-ce que vous êtes allés foutre dans ce bled pour un fest inconnu alors que vous êtes à Paris ? ». Je n’aurais aucune réponse sensée à vous fournir, si ce n’est qu’un de nous habite à Annecy et qu’il nous a dit « Hey y’a un petit fest cool, y’a de bons groupes, de l’alcool et moi ».  Bref, nous n’avions aucune raison de ne pas passer plus de 10h aller-retour dans divers transports pour nous y rendre.

thones

Je vous passe la partie soirée imprévue la veille, le départ à une heure impossible à la gare avec la tente sur le dos, 4h de TGV durant le Simon trouve que décidément, c’est joli le paysage, des tartiflettes et des burgers à Annecy (le festival commençant à 18h00).

L’arrivée

C’est donc ici que l’aventure commence. Nous allons prendre le bus aux alentours de 16h00 à la gare d’Annecy. Pas un car réservé pour le festival, bien sûr, mais un bus classique qui relie les quelques bleds alentours (eh oui). Au moins la clim marche.  Le paysage est toujours joli (d’après Simon, probablement sponsorisé par Nature & Découverte).

Après un trajet d’environ 40 minutes, nous arrivons donc dans la ville de Thônes. C’est l’occasion pour moi d’annoncer quelques blagues nulles à venir, et comme dirait notre ami Simon : « Mais putain, pourquoi ils ont pas appelé le fest “Sthôner Festival” ou “70.000 Thônes of Metal” » (amis orgas, si vous lisez ces lignes…). Rien d’exceptionnel à noter, à part l’absence assez totale d’indications. Heureusement après quelques errances, les basses de musique très forte nous parviennent, aidant ainsi à l’orientation.

Après avoir traversé un pont surmontant une rivière à l’eau translucide (ça change), nous arrivons à ce qui semble être le lieu du festival : un grand carré d’herbe entouré de barrières metalliques même pas suffisantes pour me faire de l’ombre, avec des tentes et deux scènes visibles. En même temps :

watdidyou1

Notre joyeux groupe se dirige donc vers l’entrée pour demander où se trouve le camping. Première constatation : un groupe de 5 personnes chargées en attente devant une barrière qui fixe les gens de l’orga 20m plus loin qui discutent, ça ne fait pas grand effet. Obligés d’envoyer un émissaire échanger des informations.

entree

Le camping est donc un carré d’herbe au fond d’une impasse entouré des mêmes barrières metalliques et une chiotte dans un des coins. Deux tentes installées à tout casser. Nous montons la nôtre dans le coin opposé aux toilettes (non sans douleur, parce que même après quelques fests c’est toujours pas facile de savoir où va la petite barre, devant ou derrière). Mais globalement :

2015-09-01On est pas trop à plaindre. Le cadre est vraiment superbe, entouré de montagnes et de bois. La proximité du supermarché nous permet d’aller faire le plein de bières, et d’en prendre une alors que sonne 18h00.

Nous nous dirigeons donc vers le tant attendu festival. Aucune queue pour aller chercher les bracelets (qui sont en papier, snif, mais bon, petit festival, c’est normal) et de nous annoncer que… toute sortie est définitive. Donc de 18h00 à 2h00, on ne peut quitter la cloture du fest. Je suis donc en tongs/pantacourt/tshirt jusqu’à 2h00. J’imagine que le but est de favoriser la consommation sur place, mais tout de même… Bref, quelques personnes sont déjà là (mes estimations sont foireuses, mais je dirais entre 100 et 200 personnes). Le temps d’aller voir que le merch est pas vraiment rempli et que de bonnes bières sont disponibles, le 2e groupe commence.

Le festival

Eh oui, le 2e groupe. Désolé les Crazy Dogs, on a été un peu longs à boire la bière.

And the Killer Is

C’est donc « And the Killer Is » qui ouvre le bal pour nous, tandis que le soleil se couche déjà derrière la montagne. Et autant le dire, ça commence fort. Groupe plein d’énergie, influences RATM, chanteur sur une autre planète, accent belge, lancers de bouts de jambon et de bananes dans le public… Ils assurent grave, le chanteur impressionne vraiment au niveau de son registre vocal. Le tout se termine par le frontman qui saute dans la fosse pour aller tacler une personne pour une raison inconnue : que demande le peuple. Vraiment super groupe, même pas 200 likes sur leur page Facebook, mais pour ce que je m’y connais, ça devrait augmenter. Comme souvent dans ces cas là, je plains ceux qui doivent passer derrière des groupes qui ont placé la barre si haute.

Last Train

Et voici donc sur la seconde scène les « Last Train ». Autant être clair directement, c’est le groupe que j’ai le moins aimé de la soirée (le seul que je n’ai pas aimé en fait, sans vouloir spoil). La musique est plutôt pas mal, les mecs sur scène savent jouer, y’a aucun problème. Mais leur attitude sur scène était… désolante. Je passe sur les pantalons slims et les franges qui rentrent dans les narines, parce qu’après tout chacun son style, mais être manifestement complètement ivre (ou autre) sur scène, défoncer le matos parce qu’on est trop des putains de rebelles, shooter dans tout ce qui passe, s’allumer une clope à la Van Halen à la guitare, faire tomber le micro dans la fosse, tenter de suicider une bouteille d’eau 33cl et échouer, je sais pas. On aurait dit des gosses bloqués sur des clips des Beatles ou des Stones, qui s’y croient complètement, et sans considération pour personne. Bref. Suivants. Je note quand même que le bassiste et le batteur étaient vraiment corrects. Je ne vise personne donc.

Pause bière. La Bombardos que nous avions bue au départ n’était pas trop pour moi. Science avec l’IPA Eldorado, plutot sympa. Après avoir constaté que « la vache, y’a des gros burgers quelque part » et un placage irrégulier d’une personne ivre sur une autre, nous nous rendons compte que nous ratons le début du groupe suivant.

Dätcha Mandala

C’est donc les « Dätcha Mandala » qui continuent le bal des concerts. Cette fois c’est bon, on est vraiment à un festival de Stoner/Psyché rock, avec le trio batteur-guitariste-bassiste/chanteur. Les tracks s’enchainent, entrainantes et planantes. La voix du chanteur, très aigüe, surprend au début, puis s’imbrique parfaitement dans le son assez lent et lourd du groupe. C’est bon ! Après une track plus calme dans laquelle le chanteur vient échanger sa basse contre une electro-acoustique (qualité), vient la dernière chanson. Quelques notes de basse et : « OMG C’EST BLACK SABBATH C’EST BLACK SABBATH ». C’est donc War Pigs qui résonne entre les monts du Backwoods Festival. Autant dire que c’est le grand pied, d’autant que le tout est exécuté avec maestria (la preuve). Le public est conquis, et moi plus encore. Je ne peux m’empêcher de penser à ce concert à la Maroquinerie, en ouverture de Mars Red Sky et de Glowsun, où un groupe avait superbement cover Black Sabb…wait. Après recherche, il s’agit du même groupe. Je les ai donc déjà vus ! Désolé les mecs, cette fois c’est bon, j’ai votre nom en tête et je ne l’oublierai pas. Après avoir annoncé en être à plus de 300 concerts (!), les voilà qui quittent la scène.

Le peuple semble avoir faim.  Je rechigne un peu, car il me semble avoir aperçu le guitariste de « The Texas Chainsaw Dust Lovers » sur l’autre scène. Allons tout de même nous remplir la panse, non sans contempler l’éclairage de la montagne.

nuit

Un peu de queue pour se nourrir, mais rien de vraiment rebutant quand on a fait des festivals de plus grande envergure. C’est parti pour de la poutine, ou pour des burgers aperçu quelques temps auparavant (mais avec un trou au milieu : des bagels). C’est plutot vachement bon ! Direction le groupe qui joue (noooooo j’ai raté le début) avec le plat à la main.

The Texas Chainsaw Dust Lovers

C’est donc « The Texas Chainsaw Dust Lovers » qui seront  pour moi le premier “poutine concert”. C’est la 3e fois que je vois ces messieurs en concert, et je ne sais trop quoi ajouter. Je voudrais pas en faire des thônes, mais ils envoient grave. C’est bien le souvenir que j’en avais, un stoner/punk rock assez aggressif, avec une petite cover de Hendrix pour faire bien au milieu, que demande le peuple. Wow. Léger regret de ne pas avoir fait tout le concert en front, mais j’irai les revoir et tout ira bien. Un vrai poutine de concert ! Enchainons donc sur la « main stage ».

Mars Red Sky

Eh oui. C’est Mars Red Sky. Pour annoncer la couleur, sur presque 300 groupes vus en live, je n’en ai quitté en plein milieu que 2 : Primordial et Mars Red Sky. Le premier parce que le Cernunnos 2014 m’avait bien ruiné et que je n’étais pas prêt à l’expérience, et MRS parce que… le chanteur. Je me souviens du concert à la Maroquinerie (oui, avec les « Dätcha Mandala »), où on n’entendait que ça. Et bien c’était presque pareil. J’ai vraiment beaucoup de mal avec ce groupe en live, alors que j’adore leur album “Mars Red Sky”, surtout la track “Marble Sky”, qui sera jouée live. Mais en live, la voix est tellement mise en avant, et avec tellement de reverb, que c’est impossible d’en faire abstraction. Alors que bordel, pendant les passages instru ou lorsque c’est au tour du bassiste de chanter, c’est du niveau de Sleep ! Je termine quand même le concert, profitant au passage de l’intervention du chanteur de « Dätcha Mandala », ce qui me fait me demander si je n’ai pas raté ça au dernier concert. Bref, les mecs, j’aime ce que vous faites, mais vous êtes sûrs que vous ne voulez pas calmer un peu la voix en live ? Bref, on enquille avec :

PAUSE PIPI. Eh oui. Parce qu’on peut pas vider les futs des producteurs locaux à coup de bonnes intentions. Direction le coin chiottes du fest donc, à droite de la scène principale. Et là donc… des tonneaux en plastique coupés en deux pour pisser, posés dans des coins. Je pense que j’ai effectué un pas de plus dans la root-itude de festival. Je salue la personne ayant réussi à chier dans le demi-baril que j’ai utilisé, la performance est assez impressionante. Des chiottes avec portes étaient dispo à coté, mais je n’ai pas été checker (par crainte ?).

HORNS

Black Spiders

Le temps d’aller constater que visiblement les réserves de bières sont au plus mal (et tant mieux pour la fréquentation), et c’est parti pour Black Spiders. Encore une fois, un groupe que j’avais déjà eu l’occasion de voir en live, et le seul groupe non francophone de l’affiche (et accessoirement la tête d’affiche). J’en gardais un très bon souvenir, eh bien devinez quoi : c’est toujours aussi bien. Du Stoner/Hard Rock survolté, qui arrangue la foule de hurler « FUCK YOU BLACK SPIDERS ». Premier et seul pogo de tout le festival, les gens se lâchent. Peut être que les habitués auraient dû se retenir un peu, tant c’est la première fois que je vois autant de chutes dans un pogo (de l’ordre d’une vingtaine). J’aperçois deux agents de sécurité aux abords de la fosse, qui n’ont pas l’air de trop savoir ce qu’ils font là, à part mettre à mal toute tentative de slam. Nous en profitons pour aller faire les guignols derrière eux, et si j’en trouve une photo un jour, je l’ajouterai ici. Le concert se termine sans aucun rappel, ce qui est une légère déception. Énorme concert.

Komodo Experience

Sans transition, c’est parti pour le dernier concert de ce fest. Il est environ 1h du matin, mais impossible d’avoir froid après les Black Spiders. Direction le premier rang donc. La foule s’est pas mal éclaircie, j’imagine que la plupart des gens sont rentrés sur Annecy après les arachnides. Bien dommage, car les gars de « Komodo Experience » ne sont pas venus pour refaire le carrelage. On démarre donc pleine balle, offrant un metal progressif super rapide et agressives, avec des tracks souvent assez courtes. Les 3 musicos gèrent complètement leurs instruments, c’est impressionnant visuellement et auditivement. On aurait presque l’impression qu’une fois qu’ils se sont assez amusés sur une idée ou un concept musical, ils terminent et passent à autre chose. Certains passages me font penser à du Animals as Leaders.  Un petit régal. Ils se payent même un rappel (seul du festival), et la foule était largement partante pour encore quelques tracks. Chapeau messieurs.

payzage

The End

Et c’est donc la fin de ce festival. Pour les quelques personnes du camping, il continue néanmoins un peu. Le camping est surveillé par une personne qui check (rapidement) les entrées, appréciable. L’ambiance est globalement la même qu’aux autres fests que j’ai pu faire : partage de bouffe et d’alcool, on discute avec des inconnus à droite à gauche. Surprise cette fois-ci tout de même, avec l’arrivée d’un individu (que nous nommerons Francis) aux alentours de 4h du matin, et qui est venu presque littéralement mourir devant notre tente. Après nous être rassurés sur son état à grands coups de prises de pouls et de bouteilles dans le tibia, nous avons fait rouler Francis dans notre tente pour y passer la nuit, non pas évidemment sans quelques dédicaces indélébiles au passage (Adolph, si tu me lis). Il a heureusement retrouvé sa famille aux alentours de 10h du matin.

Le retour n’est pas particulièrement intéressant, si ce n’est une description particulièrement précise du paysage par Simon :

bioutifouleAucun regret d’avoir mis tant de temps pour nous rendre à ce festival. C’était cool, le cadre était superbe, bonne bière et bonne musique , que demande le peuple.

On se revoit à une autre édition !

One thought on “Compte rendu : Backwoods Festival 2015

  1. Simon says:

    En même temps c’était vachement joli.

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