Fermeture de Google Reader : Cool, mais…

Dès que j’ai appris la fermeture prévue de Google Reader pour le 1er Juillet, ma première réaction a été : “Chouette ! Ça va motiver les communautés Open Source et forcer les gens à changer leurs habitudes !”. En effet, tout naïf que je suis, j’ose espérer que les gens vont se rendre compte de la dépendance totale qu’ils ont avec les services externes, même s’ils sont pratiques.

Oui mais, comme on me l’a fait remarquer ensuite, deux points noirs surgissent.

Le premier, c’est que même si GReader est un service-google-pas-bien, il est tout de même un moyen de faire connaître les flux RSS au grand public. Car oui, je tiens personnellement pour acquis et évident que si je veux suivre un site, je me tourne immédiatement vers les RSS, ce format si génial. Mais pour la majorité de la population, le RSS est inconnu. Donc quelque part, nous allons perdre un des fers de lance de la défense du RSS (ce qui serait probablement une explication de la fermeture du service).

Le second donc, c’est que je suis probablement trop optimiste. Les gens vont certainement se tourner vers la prochaine solution prémachée : on fait des bookmarks de blogs et on les consulte à la main, ou alors bien sûr on s’abonne à tout sur les différents réseaux sociaux. Les gens choisiront pour la majorité la solution de facilité, et forcément ce n’est pas bon pour tendre vers un monde meilleur.

Donc au final, une fois de plus : fuck you Google. Tu devrais protéger le net avec ta position et tes “Don’t be evil”, et au lieu de ça tu tentes d’étouffer le meilleur de ce qu’il peut proposer pour en faire des services fermés pour crétiniser les utilisateurs. Et le pire c’est que ça va probablement marcher.

Sinon, pour ceux qui auraient finalement vu la vérité à la lumière de cette fermeture, je vous conseille quelques services self-hosted d’aggrégateurs RSS :

  • Tiny Tiny RSS (ttrss) : celui que j’utilise depuis maintenant 3 ans. Il fait tout ce dont j’ai besoin et l’appli Android est sympa. De plus, il supporte le multi users.
  • RSS Lounge : Lourd, puissant, mais plus maintenu :/
  • Selfoss : Par le créateur de RSS Lounge
  • Leed : Un aggrégateur léger et minimaliste (merci Timo)

Si vous en avez d’autres, je prends.

PS : je vois que la plupart des sites de lecteurs de RSS sont down. Quelque part, ça me fait chaud au coeur 🙂 !

Un Mog en Suède 05 – Racisme pendant le voyage en Estonie

Je reviens d’un séjour sympa en Estonie, sur lequel j’écrirai probablement un article (avec photos et observations), mais avant je veux raconter ce qu’il s’est passé au moment d’embarquer pour le retour.

Nous sommes le mercredi 27 février 2013, en Estonie. Après avoir passé la journée dans Tallinn, nous nous dirigeons vers le ferry pour embarquer vers Stockholm. Nous sommes un groupe de 5 : moi-même, français blanc, mon pote Mickael, français noir, et 3 italiennes, blanches.

Après avoir utilisé nos cartes pour passer les portes menant à la passerelle, nous fûmes interpelés par ce qui semblait être une agent de sécurité. Rien d’anormal jusque là. Seulement voilà, elle se tourne vers Mickael et lui demande “ses papiers”. Sans comprendre, celui-ci tend sa carte d’embarquement. Elle lui dit que non, elle veut voir une pièce d’identité. Toujours dans le flou, mon ami tend sa carte d’identité française, parfaitement légale et suffisante en Estonie. L’agent considère la carte, et déclare que “non, c’est pas suffisant”, et demande un passeport ou un permis de conduire. Donc là plus de doute possible : c’est ouvertement du racisme. Mickael n’ayant pas de passeport ni de permis de conduire, elle appelle une collègue par sa radio, et GARDE LA CARTE D’IDENTITE. Pendant les quelques minutes avant qu’elle n’arrive, nous sommes sous le choc. Puis sa collègue arrive, et visiblement lui dit que tout est en règle. Mon pote récupère donc sa carte, et l’agent repart sans un mot.

Incroyable. C’est la première fois que je suis témoin d’un acte de racisme aussi évident. A aucun moment elle n’a demandé quoi que ce soit aux autres ou à moi-même. Après 20 ans en France, en “banlieue” comme on dit, j’ai parfois vu ou entendu des trucs un peu limites, mais la vraiment…

Certainement dû au fameux problème d’immigration des noirs de l’Estonie vers Stockholm.

Résultat maintenant je m’en veux de ma réaction. J’aurais du lui demander pourquoi elle ne nous a pas demandé nos papiers. Pourquoi à lui spécifiquement, crier au scandale, en parler à sa collègue. Mais ça semblait si irréel… impossible… en 2013…

J’avais tendance à penser que les personnes de couleurs exagéraient les discriminations, mais maintenant je vois que j’avais tort. C’est une honte, c’est inadmissible, et je ne laisserai plus jamais passer une attaque aussi ouverte sans rien dire, je m’en sens trop honteux.

Je tiens également à saluer l’attitude de mon ami, qui n’est pas sorti de ses gonds et a pris la chose très calmement. Je pense que j’aurais explosé…

Luttez contre les cons, visiblement ils sont partout.

Un Mog en Suède 03 – L’alcool, pas cool

rhum-la-bd

Sujet important et délicat, parlons donc un peu de l’alcool en Suède.

TL;DR : sans alcool, la Suède est plus folle.

La chose principale à savoir à propos de la Suède, c’est l’existence du Systembolaget, c’est à dire que l’état suédois possède un monopole sur les alcools de plus de 3,5°. Donc il est impossible de trouver un alcool plus fort que 3,5° dans une grande surface. Il faut se rendre dans un magasin tenu par l’état et régit selon des règles très strictes :

  • Toutes les bouteilles s’achètent à l’unité (donc pas de réduction unitaire à l’achat d’un pack par exemple)
  • Les horaires d’ouvertures sont 10h – 19h en semaine, 10h – 15h le samedi et fermé le dimanche.
  • Vente interdite aux moins de 20 ans, check d’identité obligatoire.

Quelles sont les conséquences de ce système pour les pauvres consommateurs ?

En premier lieu, les prix. Déjà que les prix sont plus élevés en Suède, ajoutez à cela les taxes élevées sur l’alcool, et vous obtenez des coûts réellement prohibitifs, et ce même pour les alcools de basse qualité. Par exemple, la plupart des bouteilles de rhum tournent aux alentours de 40€. Voici quelques tarifs de bières :

  • Chimay 33cl, 9° = 3,30€
  • Leffe Blonde 33cl, 6,6° = 2,2€
  • Hoegaarden 33cl 5° = 1,9€
  • Carlsberg 50cl, 5° = 2€

Sérieusement. Et pourtant la bière n’est pas non plus donnée en France (sans parler de l’augmentation de la taxe). D’autant plus qu’en Erasmus, le système du BYOB (Bring Your Own Beer(s)) oblige à l’achat avant les soirées. Chose à noter, toutes les bouteilles sont consignées, mais je n’ai pas été voir combien une bouteille rapporte.

Saylazermi

Saylazermi

Ensuite, la qualité. “T’as qu’à acheter de la bière moins bonne en grande surface !”. Oui mais non. En grande surface la meilleure bière est la Heineken, et à 3,5° (coucou la Hobgoblin à 3,5°). Ah et elles sont toutes en canettes (et en packs). J’ai testé pour vous la soirée BYOB avec donc 3L de Heineken à 3,5, eh bien c’est tout simplement triste. C’est de l’eau avec du goût (et un pas bon). Tu parles, après quatre ans à boire de vraies bières trappistes qui perchent généralement à 8,5+°, ça change… Sinon les bières moins chères sont toutes de no-names complètes, qui me font franchement peur. Et les prix en grande surfaces sont déjà plus chers qu’en France, pour de la bière moins bonne. Snif.

SAMSUNG

Mais même au Systembolaget, la quantité d’alcools différents n’est pas folle, et la moitié des bières présentes sont mauvaises. Et le fait de ne pas proposer de packs… pff…

Dans les lieux publics ensuite. Les seuls bars où je suis allé pour l’instant ne proposaient que de la bière de piètre qualité, et en boîte (oui oui…) la Carlsberg monte à quasiment 3€. Le système de “before” est indispensable ici…

Bref c’est vraiment tout pourri pour l’alcool ici.

Chose fun sinon, puisqu’il y a de nombreux étudiants de l’Europe entière qui trainent, on échange des impressions. Eh bien lorsque j’ai sorti les bières citées plus haut en soirée, j’avais l’impression d’être soudain devenu un membre de la noblesse au milieu du peuple. Les gens n’avaient JAMAIS BU DE LEFFE BLONDE. COME ON. Ils ont trouvé que c’était la meilleure bière qu’ils aient jamais goûté… C’est tellement triste. On a du bol dans notre bonne vieille France quand même.

Je vous ferai savoir si jamais une technique miracle existe concernant l’alcool, mais je crains que non…

Un Mog en Suède 01 – Karmarrivée

VIVANTS ! Enfin arrivés en Suède ! Mais ce ne fut pas sans mal. Ce premier voyage Erasmus est placé sous le signe d’un karma en mousse. Je pensais faire un bref résumé, avec des jolies fill^Wpaysages enneigés, mais là NON.

C’est parti.

Pour ceux qui découvriraient, j’effectue un voyage Erasmus en Suède, à l’Université de Stockholm, afin de terminer mon cursus EPITA. La durée de ce voyage est du 20 janvier 2013 (aujourd’hui) jusqu’au 12 juin 2013 (environ 5 mois). J’ai reçu un logement étudiant de la part de l’université, et j’avais simplement à aller chercher les clés et m’installer.

Oui mais non. On va la faire en mode Roleplay, à base de jets de dé 20 (D20).

Le truc c’est que les clés ne sont données qu’à partir du 20 janvier (mon premier cours est le 21… hmm…). Donc soit on arrive la veille et on dort à l’hotel, soit on arrive le jour même et on fait tout d’un trait. Flemme d’aller à l’hotel, j’opte pour le tout-en-un.
Je réserve donc un vol Air France (cf dernier article) avec un ami qui part avec moi, départ 9h45, arrivée 12h15 à Stockholm. Programme : on arrive, on mange, on va chercher les clés, on va à l’appartement, et on dort parce que le décalage horaire de 0h c’est vraiment trop dur.

On commence. Jet de dé : 10 => Chûtes de neiges importantes sur la France.

 

Roissy sous la neige

Roissy sous la neige

Le 19 au soir, c’est la panique, Roissy annonce 40% de ses vols du lendemain annulés. Ah ben flûte. On commence à se dire que ça va pas le faire, mais :

Jet de dé : 15 => Notre vol n’est pas annulé.

Cool ! Je passe sur les emmerdes pour atteindre l’aéroport, entre la neige et les bouchons. Bref, le 20 janvier, je suis à l’aéroport avec mon billet et les bagages chargés (TIPS: 55€ de frais pour 2kg de plus pour les bagages en soute. Ouch.). Juste 15 minutes de retard pour l’avion. On embarque au final une demi heure plus tard.

Jet de dé : 3 => 2h de retard au final.

Entre les pistes non dégagées, la passerelle qui veut pas se désengager et autres temps perdu à dégivrer l’appareil, nous décollons finalement à *12h20*.

Le trajet se passe sans encombres, et après QUATRE HEURES assis dans l’avion, nous arrivons enfin à Stockholm.

Aeroport de Stockholm

Aeroport de Stockholm

De là nous tentons de rallier le centre ville. Pas de métro, c’est au choix train ou bus. Nous partons donc prendre le bus.

Jet de dé : 9 => le bus part au moment où nous arrivons.

30 minutes d’attente avant le prochain bus (puisque nous sommes un fucking dimanche). Arrivons donc à Stockholm centre à… 16h20 (35 minutes en bus direct). Le timing commence à se faire short. Notez que nous sommes donc à Stockholm Centre, pas loin du campus principal de l’université, mais pas le notre. Nous prenons donc le métro pour nous rendre sur le notre. Aucune idée de la direction à prendre en sortant du métro.

Jet de dé : 17 => nous rencontrons un danois et une italienne qui se rendent au même endroit que nous, mais avec un plan.

Nous voyageons donc ensembles, nous perdant plusieurs fois (oui, c’est ce genre de plan). Au bout d’un moment, nous touchons presque au but, et une personne nous indique précisément où aller. Et là :

Jet de dé : -12 => les clés sont à retirer sur le campus principal, pas sur le notre.

Hmm… Il est 17h30, la fermeture du campus pour réceptionner les clés est à 18h. Nous sommes à 25 minutes du centre et nous ne savons pas comment la rallier directement une fois là bas. En gros : on a pas nos clés de logement pour ce soir. Grosse saveur, grosse ambiance.

Jet de dé : 1000 => un mec rejoint notre groupe pendant que nous envisageons de nous construire un igloo, et il nous propose gentiment de nous héberger pour la nuit.

Wow. Nous n’hésitons pas vraiment longtemps, étant donné qu’une nuit à l’hotel nous couterait un bras et que la température extérieure avoisine les -7. Il nous accueille donc chez lui, et nous arrivons à nous répartir de quoi dormir tous les trois. C’est un polonais qui fait du droit économique (“contain your orgasms, ladies”). DONC demain normalement on peut aller chercher nos clés et tout rentrera dans l’ordre. Les “apparts” sont plutot cools, mais j’en parlerai plus tard.

En bref, je ne remets pas en cause Air France sur ce coup-ci (pas comme la dernière fois), même si leur plan grand froid est visiblement pas ouf, mais PUTAIN CE RETARD A FAILLI NOUS TUER.

C’est fun Erasmus, mangez-en o/ !

La sécurité selon Air France

Pour ce premier post de blog, j’ai simplement envie d’exposer le dernier facepalm Internet que j’ai vécu.

Comme certains le savent déjà, je vais (normalement) partir pour 6 mois d’Erasmus, et ce à compter de ce dimanche 20 janvier 2013. Comme j’aime m’y prendre à l’avance avec les billets, je me suis rendu hier sur le site de la compagnie Air France.

Je passe sur mon avis perso concernant l’ergonomie et la facilité pour trouver un billet d’avion. Arrive alors mon moment préféré, celui où il faut remplir les informations. J’aperçois alors un encadré me signalant que je peux renseigner un mot de passe facultatif pour me créer un compte chez eux et ne pas avoir à retaper mes infos. Je ne prends pas souvent l’avion, mais pourquoi pas. Seulement voilà, au moment de valider :

airfrancelol

Le champ Mot de passe (6 à 12 caractères) ne doit pas contenir d’espaces, ni les symboles *+-/, ni de caractères spéciaux.

Le champ Confirmer votre mot de passe ne doit pas contenir d’espaces, ni les symboles *+-/, ni de caractères spéciaux.

Mais… mais… MAIS LOL. Vraiment ? C’est quoi ce bordel ? J’ose même pas imaginer si cette limitation est due à une limitation informatique (lol ?) où à une volonté de la part du dev, mais juste NON. Résultat, hors de question que je fasse un compte chez eux. Oui mais :

airfrancelol2

Le champ Mot de passe (6 à 12 caractères) est obligatoire.

Ah ben super. Je ne peux réserver un billet d’avion que si je sauvegarde mes informations personnelles chez eux avec un mot de passe tout pourri. Vraiment ? Dans le doute, je tape un mot de passe assez long, mais non, la limite des 12 caractères est bien réelle. Fuck, mais j’opte donc pour un mot de passe de 12 caractères simples…

Bref c’est n’importe quoi de forcer les gens à utiliser des mots de passe légers. Ok il reste les majuscules et les chiffres, mais c’est pas comme si c’était un grand défi informatique d’accepter le reste des caractères. Je pensais n’écrire que cela, mais non, d’autres surprises m’attendaient.

Après paiement par carte bancaire (https au moins…), j’ai la joie de voir apparaître :

airfrancelol3
Oh yeah. Notez bien l’heure, tout va bien. Je cherche donc quelque part sur le site un moyen d’arriver à ma réservation. Nop. Impossible. Je tente de me loguer, impossible. De ce coté, je veux bien que l’erreur soit mienne, même si je n’ai pas pour habitude de me tromper dans mes mots de passe…

Je lance donc la récupération de mot de passe du site et…

airfrancelol4OUAIS ! Ouais ouais ouais ! Ouais les mecs ! Ca c’est sécu ! Le facepalm de plus. Bon au moins il n’est valable “que” 15 minutes. Tralalol. Une fois logué, on nous demande immédiatement de changer de mot de passe, c’est bon de ce coté. Mais une fois connecté… eh bien aucun signe de réservation. Pas de débit sur mon compte. Je vais me coucher, en attendant un mail…

Ce matin, je reçois un coup de fil d’Air France, m’annonçant qu’il y a eu un “problème informatique” et que le paiement n’a pas été pris en compte. Donc on fait quoi ? Ben je donne mes identifiants bancaires + cryptogramme à la demoiselle à l’autre bout du fil. Fuck les mesures de sécurité de ma banque par SMS…

Ma réservation est effectuée, mais je suis tout de même plus que choqué par le manque de rigueur d’une si grosse organisation…